Les Femmes de la Caroline
- sandrine perroud
- il y a 15 heures
- 3 min de lecture

Archives. Crédits : Fonds Reiss, Archives cantonales vaudoises, Feuille d'avis de Lausanne (Scriptorium).
J’ai le plaisir de vous annoncer la parution fin février de mon troisième roman, Les Femmes de la Caroline (Editions d'en bas), co-écrit avec Laurence Gauvin, une camarade d’université. Le roman revient sur un fait divers survenu à Lausanne en 1912 avec un regard féministe et social.
En 1912, une jeune fille au pair zurichoise de 17 ans a été reconnue coupable d’avoir assassiné de plusieurs coups de hache sa patronne, une veuve de près de 60 ans élevant ses petits-enfants. L’affaire a fait grand bruit en Suisse romande et a résonné jusque dans la presse alémanique. Son procès a déplacé les foules. Ce meurtre, surnommé « le Crime de la Caroline », fait aujourd’hui partie des crimes suisses les plus célèbres et les plus commentés.
Grâce à la mise à disposition des archives de l’Institut de police scientifique de l’Université de Lausanne, à la numérisation des journaux de l’époque, disponibles sur l’outil de bibliothèque numérique Scriptorium de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne, et grâce aux archives du journal Le Temps, Laurence et moi avons eu accès à un ensemble de sources écrites et iconographiques liées à ce fait divers. Ces sources ont toutes été produites par des hommes de l’époque : rapport d’expertise du criminologue et des psychiatres, articles de journaux, actes du procès, etc. Chose étonnante, les autres productions portant sur ce fait divers ont également été réalisées par des hommes : livres d’histoire, articles de presse, expositions, et, plus récemment, un podcast de la Radio Télévision Suisse.
Questions irrésolues
Ces commentateurs, historiens et journalistes ont systématiquement cité les avancées scientifiques réalisées grâce à ce fait divers dans le domaine de la criminologie et de la psychiatrie légale – des sciences encore naissantes. Sans nier l’importance des éléments scientifiques en jeu, de nombreuses questions demeuraient selon nous irrésolues : dans quelles circonstances la jeune fille au pair avait-t-elle quitté Zurich pour venir travailler à Lausanne ? Quel était son quotidien dans sa famille d’accueil ? Quels ont été les éléments déclencheurs de sa folie ? Qui sont les femmes qui l’entouraient et quel rôle ont-elles joué dans ce drame ? Par l’approche romanesque, nous avons essayé de comprendre ce qui s’est passé en amont du meurtre. Le roman reconstitue ainsi les relations personnelles et professionnelles de la jeune fille au pair avec les personnages de l’affaire dans le contexte historique et social du début du 20ème siècle en Suisse.
Enquête
Mené durant trois ans comme une enquête, ce roman donne à voir un portrait contrasté de la place des femmes en Suisse durant la Belle Époque, entre adhésion au système et quête de liberté. Par la fiction, nous avons souhaité rendre la parole aux figures féminines de cette affaire et donner voix à leur imaginaire à la lumière de notre temps. Passer, à notre manière, du « Crime de la Caroline » aux « Femmes de la Caroline ».
Mais encore...
Originaire de la Réunion, Laurence Gauvin est diplômée en Lettres et en Information documentaire Les Femmes de la Caroline est son premier roman.
Ananda Devi est l'auteure d’une œuvre foisonnante récompensée par de nombreux prix et traduite en une douzaine de langues. Elle nous fait l'honneur d'écrire la préface du roman.
Rencontres à venir
21 mars 2026, 14h-16h, librairie Basta!, Lausanne
27 mars 2026, 14h30, Association Mosaïque, Ch. Edouard Sarasin 48, Le Grand-Saconnet
18 avril, 10h, Cercle littéraire de Lausanne, Pl. Saint-François 7.





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